- par Jérôme CASSÉ -
- Guy quoi ?! -Guy Ritchie. Ce nom ne vous dit pas grand-chose ? S’il n’est, pas du genre à vous rester collé dans le crâne celui de sa future ex-épouse ne provoquera certainement pas le même effet. Le talentueux réalisateur anglais n’est autre que Mr Madonna à la ville. Bon voilà, ça c’est dit. Dans les mois ou les années à venir, lorsque vous vous demanderez par un dimanche glacial de janvier « ah, quel DVD vais-je bien pouvoir louer ? », vous pourrez désormais penser aux films de Guy machin chose, alias « Monsieur Madonna ». Vous vous réjouirez alors de posséder une mémoire digne d’un joueur d’échec chevronné, quand vous vous régalerez les mirettes devant votre écran plasma 120 cm en regardant l’œuvre complète (ou partielle) du réalisateur anglais. En attendant ce dimanche idyllique et hypothétique, il vous est toujours possible de vous réfugier dans les salles obscures ce mercredi pour vous faire une idée du bien-fondé de ce premier paragraphe, ô combien indispensable (!). - Ritchie le flingueur -Tout commence en 1998, lorsque Guy Ritchie réalise le film qui le placera sous les projecteurs et fera de lui la référence du genre avec Arnaques, Crimes Et Botanique. Film d’arnaques et d’arnaqueurs, il est le précurseur d’un style nouveau, celui des malfrats et de la pègre façon tragicomique, dont Londres devient le décor naturel et sophistiqué. En 2000 il remet ça avec le superbe et euphorique Snatch. S’embourbant toujours un peu plus dans les bas-fonds du crime londonien, Ritchie allie avec virtuosité humour, burlesque, violence et absurdité et offre même à Brad Pitt l’occasion de s’afficher dans un rôle de pure composition, celui d’un manouche féru de boxe, à l’accent incompréhensible. Un exemple qui sert de règle car ce qui fait la force du réalisateur anglais, c’est cette capacité à mettre en scène des personnages forts, aux caractères bien trempés, tous malfrats à leur façon. Mais sa plus grande prouesse est, à chaque essai, de créer une alchimie parfaite et une osmose entre toutes les fortes têtes qui peuplent ses scénarii. Aussi Guy Ritchie livre-t-il une nouvelle fois avec Rocknrolla un film cohérent, tonique et jouissif. Et il ne serait pas incongru de voir dans l’œuvre du réalisateur une version moderne et « britannisante » des films noirs américains des années 1930, et surtout des films français des années 1950 et 1960, dont les voyous et malfrats caricaturés étaient les vedettes en leur temps (avec pour apothéose Les Tontons Flingueurs, évidemment).. - London connection -Comme l’explique le réalisateur, « Rocknrolla évoque les tentatives de ces nouveaux malfrats de s’introduire sur le marché immobilier qui attire tellement de monde ces dernières années, car il est extrêmement lucratif ». Guy Ritchie explore ainsi une nouvelle facette de la pègre londonienne, remodelée par l’arrivée en masse ces dernières années de réseaux venus essentiellement d’Europe de l’Est. Réseaux qui bouleversent les codes et règles des malfrats de la vieille école. Mais si c’est une réelle catastrophe dans la réalité londonienne, c’est un vrai plaisir à l’écran, grâce au talent de Ritchie.
![]() - one two et un pitoyable complice -
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